| Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick (1969) |
Nouveau-Brunswick
Abrogée en 2002 par la nouvelle Loi sur les langues officielles
En 1969, le gouvernement provincial avait adopté la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, dont l'application devait être progressive et prudente, les principales clauses n'étant entrées en vigueur que le 1er juillet 1977, soit huit ans plus tard. La loi fédérale de 1969 sur les langues officielles (Loi sur les langues officielles) a manifestement servi de modèle à la rédaction de la loi provinciale. En vertu de l'article 3, l'anglais et le français devenaient les langues officielles du Nouveau-Brunswick. Bien qu'elle fût la première loi linguistique de la province, la loi de 1969 contenait beaucoup de lacunes. Par la suite, les Acadiens proposèrent tellement de changements fondamentaux à la politique linguistique provinciale qu'il parut nécessaire d'opter pour la réécriture complète de la politique et de la loi. La Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick fut abrogée par la loi du 7 juin 2002 et remplacée par la nouvelle Loi sur les langues officielles (2002).
Conformément à la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, le caractère co-officiel des langues ne s'appliquait pas à l'ensemble de la province du Nouveau-Brunswick, mais uniquement aux institutions relevant du Parlement et du gouvernement de cette province. L'article 11 de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick stipulait aussi que, dès qu'une personne «demandait» des services dans l'une des langues officielles à un fonctionnaire provincial, ce dernier était obligé de veiller à ce qu'elle obtienne le service dans la langue demandée. L'article 12 de la loi autorisait une municipalité à «déclarer par résolution que l'une ou l'autre des langues officielles ou les deux peuvent être utilisées dans toute délibération ou à toute réunion de ce conseil.» Cela signifiait également qu'aucune des municipalités du Nouveau-Brunswick n'était soumise au bilinguisme officiel. Quant à l'enseignement, la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick (art. 13) scindait le système scolaire en deux systèmes parallèles, l'un sous la direction administrative d'un sous-ministre francophone, l'autre sous celle d'un sous-ministre anglophone. Tous les francophones de la province, peu importe leur nombre dans une région donnée, aveint le droit de recevoir un enseignement dans leur langue maternelle. De plus, ils pouvaient contrôler leurs propres conseils scolaires. Ce même article 13 obligeait tous les établissements d'enseignement francophones à dispenser l'anglais comme langue seconde et tous les établissements anglophones à dispenser le français comme langue seconde. L'article 14 de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick précisait que toute personne «peut être entendue dans la langue officielle de son choix», ce qui ne signifiait pas que le juge et la cour devaient être bilingues.
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