L'éveil de l'idéologie nationaliste au Bas-Canada

Les problèmes structurels étaient les mêmes au Bas-Canada, mais il s'y ajoutait des conflits ethniques et linguistiques. Au Bas-Canada, le Pacte de famille («Family Compact») trouvait sa correspondance dans la «clique du Château» (le château Saint-Louis à Québec), un petit groupe de notables et de marchands, presque tous d'origine britannique et de religion anglicane. Quant à la population francophone et catholique, elle se considérait flouée dans ses représentants à l'Assemblée, qui se trouvaient démunis de tout pouvoir. La question linguistique survint lorsque le gouverneur général, James Henry Craig, par des mesures très maladroites, intervint dans le litige en dressant les francophones contre les anglophones.

Le nationalisme francophone

C'est que le début du XIXe siècle fut marqué par l'éveil du sentiment nationaliste chez les Canadiens français. Ce nationalisme s'inscrivait dans les mouvements internationaux de libération nationale, notamment en Europe et en Amérique du Sud. En effet, entre 1804 et 1830, accédèrent à l'indépendance la Serbie, la Grèce, la Belgique, le Brésil, la Bolivie et l'Uruguay. Dans le Bas-Canada, ce mouvement prit la forme de luttes parlementaires. Les années 1805-1810 semblèrent capitales à cet égard. Constituant un bloc homogène, les députés francophones de l'Assemblée législative disposèrent d'un parti qu'on nomma le Parti canadien et se donnèrent, à partir de 1806, un journal: Le Canadien. Jusqu'en 1820, le pouvoir exécutif fut représenté successivement par les gouverneurs généraux Carleton (lord Dorchester), Prescott, Craig, Prevost et Sherbrooke. Il oscilla entre une politique de confrontation avec les francophones et une politique de conciliation avec la Chambre d'assemblée. Par exemple, lorsqu'il était mécontent des élections, le gouverneur James Henry Craig prononçait la dissolution de l'Assemblée et faisait saisir Le Canadien. Il finit par être excédé que les francophones ne cessent de parler de la «nation canadienne» et de ses libertés: «Il semble que ce soit leur désir d'être considérés comme une nation séparée; la nation canadienne est chez eux une expression habituelle.» En 1810, Craig écrivit ces commentaires à propos des Canadiens:

Je veux dire que par la langue, la religion, l'attachement et les coutumes, [ce peuple] est complètement français, qu'il ne nous est pas attaché par aucun autre lien que par un gouvernement commun; et que, au contraire, il nourrit à notre égard des sentiments de méfiance [...], des sentiments de haine [...]. La ligne de démarcation entre nous est complète.

Ross Cuthbert (1776-1861), député anglophone de Warwick (Bas-Canada) durant de longues années et conseiller exécutif, écrivait en 1809 à propos des Canadiens ce témoignage sur leur caractère français:

Un étranger qui voyagerait à travers la province sans entrer dans les villes serait persuadé qu'il visite une partie de la France. La langue, les manières, chaque symbole, de la girouette aux sabots, s'unissent pour mieux le tromper. [...] S'il entre dans une maison, la politesse française, la tenue française, l'habillement français frapperont son regard. Dans un des meilleurs accents français, il entendra parler de savon français, de soulier français; et ainsi de suite, car tout se distingue par l'adjectif français. Si une des filles de la maison décide de chanter, il entendra probablement la jolie pastorale de Sur les bords de la Seine, ou quelque autre chanson, qui le transportera dans une de ces belles vallées de la vieille France. En visitant la chambre de compagnie, il remarquera, parmi les autres saints, le portrait de Napoléon. En résumé, il ne pourrait pas s'imaginer qu'il a franchi les frontières de l'Empire britannique.

Mais cet illustre citoyen anglican du Bas-Canada qu'était Ross Cuthbert considérait cette situation comme un anachronisme qui devait disparaître «dans l'effervescence d'un dissolvant britannique». Quant à James Stuart (1780-1853), procureur général du Bas-Canada, député du comté de William Henry et membre du Conseil exécutif, il remit le 6 juin 1823 un mémoire sur un projet d'Union dans lequel il résumait ainsi les raisons du refus d'assimilation des Canadiens:

Le Bas-Canada est en majeure partie habité par une population qu'on peut appeler un peuple étranger, bien que plus de soixante ans se soient écoulés depuis la Conquête. Cette population n'a fait aucun progrès vers son assimilation à ses concitoyens d'origine britannique, par la langue, les manières, les habitudes et les sentiments. Ils continuent à quelques exceptions près, d'être aussi parfaitement français que lorsqu'ils ont été transférés sous la domination britannique. La principale cause de cette adhérence aux particularismes et aux préjugés nationaux est certainement la concession impolitique qui leur a été faite, d'un code de lois étrangères dans une langue étrangère.

De son côté, le journal Le Canadien écrivait dans son édition du 21 mai 1831:

Il n'y a pas, que nous sachions, de peuple français en cette province, mais un peuple canadien, un peuple religieux et moral, un peuple loyal et amoureux de la liberté en même temps, et capable d'en jouir; ce peuple n'est ni Français, ni Anglais, ni Écossais, ni Irlandais, ni Yanké, il est Canadien. 

Durant toute cette période, les anglophones ne se considéraient pas encore comme des Canadians. Ils s'affirmaient fièrement comme des Britons (en français: Bretons) — ce qui signifiait alors «Anglais» — et n'avaient d'autre appartenance qu'à la nation britannique, non à la «nation canadienne». Le terme anglais de Canadians ne désignait qu'avec un certaine condescendance les Canadiens de langue française. Cette époque difficile fut caractérisée par les conflits entre le gouverneur général, appuyé par les marchands anglais, et la majorité parlementaire francophone: querelles religieuses, velléités d'assimilation, crises parlementaires, guerre des «subsides», problèmes d'immigration, projet d'union politique, etc. 

La politique d'anglicisation

En 1810, le gouverneur James Henry Craig fit parvenir une dépêche au gouvernement britannique dans laquelle il proposait une série de mesures destinées, croyait-il, à rétablir l'harmonie au Bas-Canada. Il suffisait de se rendre compte de la «nécessité d'angliciser la province», de prévoir le «recours à l'immigration américaine massive pour submerger les Canadiens français», ainsi que l'obligation de posséder «des propriétés foncières importantes» pour être éligibles à l'Assemblée et surtout «l'union du Haut et du Bas-Canada pour une anglicisation plus certaine et plus prompte». Voici un extrait de la dépêche du gouverneur Craig:  

Depuis nombre d'années, la proportion des représentants anglais n'a guère atteint un quart du nombre total de l'Assemblée et, à l'heure qu'il est sur cinquante membres qui représentent le Bas-Canada, dix seulement sont Anglais. On peut dire que cette branche du gouvernement est exclusivement entre les mains de paysans illettrés sous la direction de quelques-uns de leurs compatriotes, dont l'importance personnelle, en opposition aux intérêts du pays en général, dépend de la continuation du présent système vicieux. [...]

Les pétitionnaires de Votre Majesté ne peuvent omettre de noter l'étendue excessive des droits politiques qui ont été conférés à cette population, au détriment de ses co-sujets d'origine britannique; et ces droits politiques, en même temps que le sentiment de sa croissance en force, ont déjà eu pour effet de faire naître dans l'imagination de plusieurs le rêve de l'existence d'une nation distincte, sous le nom de «nation canadienne». [...]

Les habitants français du Bas-Canada aujourd'hui divisés de leurs co-sujets par leurs particularités et leurs préjugés nationaux, et évidemment animés de l'intention de devenir, grâce au présent état de choses, un peuple distinct, seraient graduellement assimilés à la population britannique et avec elle fondus en un peuple de caractère et de sentiment britanniques.

Pour le gouverneur Craig, il était inadmissible que l'Assemblée ne puisse compter que 10 membres anglophones sur 50 et que celle-ci soit «entre les mains de paysans illettrés sous la direction de quelques-uns de leurs compatriotes». Déjà, à cette époque, on parlait de «nation distincte» et de «peuple distinct», un notion qu'on reprendra 200 ans plus tard (dans la décennie 1990) dans l'expression «société distincte». Dès 1836, un mouvement s'est même dessiné en faveur de la partition de l'île de Montréal et du comté de Vaudreuil (situé à la frontière ouest près de l'Ontario), afin de les rattacher au Haut-Canada anglais. Devant le tollé des anglophones des Townshippers (Cantons de l'Est) et de la ville de Québec, le mouvement n'eut pas de suite. 

Les journaux anglophones et francophones

Fait significatif, dès le début du Régime britannique, les journaux furent bilingues. Le premier journal, fondé en juin 1764, s'appelait La Gazette de Québec / The Quebec Gazette. Sur les neufs titres créés entre 1764 et 1806, huit furent bilingues, la seule exception demeurant La Gazette littéraire lancée en 1778 par Fleury Mesplet (1734-1794). Bien souvent, le texte anglais apparaissait en premier, le texte français en traduction en second; ou bien le texte anglais occupait la colonne de gauche, traditionnellement privilégiée, le français prenant celle de droite. Quoi qu'il en soit, la plupart des sujets étaient puisés à même les journaux étrangers, presque exclusivement d'origine britannique ou américaine. Dans ces conditions, la version française était obligatoirement une traduction. On devine l'arrivée massive de la terminologie anglaise dans les journaux francophones de l'époque.

Cette pratique du bilinguisme dans les journaux se perpétuera jusqu'au début du XIXe siècle. Quelques années plus tard (1808), comme le journal Le Canadien consacrait 85 % de son espace aux élections, les Britanniques et le clergé catholique réagirent en condamnant le journal. Le 4 décembre 1809, l'évêque de Québec, Mgr Joseph-Octave Plessis, attaqua violemment Le Canadien qui «tend à anéantir tous les principes de subordination et à mettre le feu dans la province». Exaspéré, le gouverneur James Henry Craig ordonna en 1810 la saisie des presses du Canadien et l’arrestation des principaux rédacteurs. 

Les partis politiques

Dans le domaine politique, les députés francophones devirent de plus en plus agressifs et se regroupèrent dans un parti politique, le Parti canadien, tandis que les anglophones se rassemblèrent dans le Tory Party. Chaque groupe possédait son propre journal: Le Canadien (du Parti canadien) et le Quebec Mercury (du Tory Party ou Parti tory) s'invectivaient à qui mieux mieux. Les antagonismes s'accrurent entre francophones et anglophones, les débats s'envenimèrent. En 1805, la grande bourgeoisie d’affaires britannique, opposée aux concessions politiques accordées aux Canadiens français, fonda un journal de combat, le Québec Daly Mirror.  Le 27 octobre 1806, le Quebec Mercury attaquait les Canadiens en ces termes:

Cette province est déjà beaucoup trop française pour une colonie anglaise. La défranciser autant que possible, si je peux me servir de cette expression, doit être notre premier but. 

De son côté, la Montreal Gazette véhiculait en 1836 des positions aussi extrémistes: «Le temps de l'indécision est passé. Les Britanniques doivent ou écraser leurs oppresseurs ou se soumettre tranquillement au joug qui leur est préparé.» Les anglophones craignaient de tomber sous la suprématie d'une «république française». Ils réclamaient l'union des deux Canadas et parlaient ouvertement d'assimilation pendant que les Canadiens dénonçaient le favoritisme, la corruption et l'arbitraire du gouverneur (la «clique du Château») ainsi que des Conseils contrôlés par les anglophones. Les francophones exigeaient un Conseil législatif élu, le contrôle des dépenses gouvernementales, le maintien du régime seigneurial et menaçaient même de s'annexer aux États-Unis. D'une année à l'autre, les abus se répétèrent et même se multiplièrent au profit d'un groupe d'amis personnels du gouverneur. En 1827, une pétition de 87 000 noms dénonça les abus de ces profiteurs identifiés comme la «clique du Château». Par ailleurs, la commission Gosford-Gipps-Grey avait prédit en 1837 que les colons britanniques «ne consentiraient jamais, sans une lutte armée, à l'établissement de ce qu'ils regardent comme une république française au Canada». T. Fred. Elliott, le secrétaire de la commission Gosford-Gipps-Grey semble avoir bien saisi la question de la dualité bas-canadienne:

Les Canadiens français ne sauraient guère manquer de s'apercevoir que les Anglais se sont emparés de toutes les richesses ainsi que du pouvoir dans chaque pays où ils ont pu prendre pied. Dans toutes les partie du monde, civilisé ou sauvage, il s'est révélé chez les Anglais, soit comme sujets britanniques dans l'Est, soit comme colons en révolte sur ce continent, la même impossibilité de fusion avec d'autres, le même besoin de prendre le dessus. Il faut avouer que cela ne saurait être un agréable sujet de réflexion pour la race douce et d'humeur non contentieuse qui se trouve ici fixée au milieu d'établissements grandissants et de nations d'origine anglaise.

Pour lui, la solution était de se concilier les Canadiens français et de les former à se gouverner avec l'aide de leurs concitoyens britanniques. Mais Elliott ne parlait qu'à titre personnel et n'avait que peu de poids comme secrétaire. 

Le gouverneur Craig tenta quelques coups de force et réussit à dissoudre arbitrairement certaines Chambres d'assemblée. Francophones et anglophones s'installèrent pendant plusieurs années dans une intransigeance opiniâtre qui eut pour effet de paralyser totalement l'État.  En 1834, les représentants canadiens-français se rendirent à Londres et présentèrent les «92 résolutions» destinées à modifier la Constitution de 1791. On réclamait l'électivité de l'Assemblée législative et des pouvoirs politiques accrus (responsabilité ministérielle et administration des taxes). Englué dans ses problèmes intérieurs, le gouvernement britannique prit son temps; en attendant, comme mesure de pression, la Chambre d'assemblée refusa de voter le budget aussi longtemps que Londres n'accepterait pas ses demandes. La réponse officielle parvint trois ans plus tard, soit en mai 1837. Le gouvernement britannique rejeta les thèses du Parti canadien (devenu Parti patriote) et opposa une fin de non-recevoir aux demandes de la Chambre du Bas-Canada.

Comme pour mettre le feu aux poudres, les autorités autorisèrent le gouvernement colonial à se passer du consentement de l'Assemblée dans l'utilisation des fonds publics, confirmèrent les privilèges des capitalistes anglophones et agitèrent le spectre de l'union des deux Canadas. Ces mesures accélèrent sérieusement le mouvement de révolte et forcèrent le chef des patriotes, Louis-Joseph Papineau, à choisir entre la soumission et la révolte. Lorsque Papineau commença à galvaniser le peuple excédé par la crise économique, l'inflation, le chômage, les épidémies de choléra, les mauvaises récoltes et le pourrissement politique, le conflit était mûr pour l'affrontement armé.

Dans sa Déclaration du 31 juillet 1837, le chef des réformistes du Haut-Canada, William Lyon Mackenzie, prit fait et cause pour pour les patriotes du Bas-Canada. Il leur écrivit ces mots:

Nous devons adresser nos remerciements les plus chaleureux et faire part de notre admiration [...] à l’honorable Louis-Joseph Papineau [...] et à ses compatriotes pour avoir conservé une indépendance virile et noble en faveur de la liberté religieuse et civile; et pour leur opposition aux tentatives du gouvernement britannique de violer leur constitution sans leur consentement, de subvertir les pouvoirs et les privilèges de leur parlement local, et de les intimider par des mesures coercitives [...]. Les réformistes du Haut-Canada sont conviés, par toutes les fibres du sentiment, de l’intérêt et du devoir,  à faire cause commune avec leurs concitoyens du Bas-Canada.



Dispersion des insurgés à l’arrière de l’église de Saint-Eustache
Reproduction d'une lithographie de N. Hartnell,
d’après un dessin de Lord Charles Beauclerck, 14 décembre 1837
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, fonds ancien

La révolte armée des patriotes éclata à l'automne de 1837. Ils engagèrent le combat contre l'armée britannique dans les environs de Montréal, à Saint-Denis, Saint-Charles et Saint-Eustache. Les autorités britanniques intervinrent aussitôt et firent écraser rapidement la rébellion en répandant la terreur, pillant et brûlant plusieurs villages, pendant que le clergé catholique prêchait la loyauté, la soumission et la résignation. Cette lettre pastorale, datée du 24 octobre 1837, de Mgr Jean-Jacques Lartigue, alors évêque de Montréal, est révélatrice de cette attitude:

Que tout le monde, dit saint Paul aux Romains, soit soumis aux puissances qui viennent de Dieu. Et c'est lui qui a établi toutes celles qui existent. Celui donc qui s'oppose aux puissances résiste à l'ordre de Dieu. Et ceux qui résistent acquièrent pour eux-mêmes la damnation. Le prince est le ministre de Dieu pour procurer le bien. Et comme ce n'est pas en vain qu'il porte le glaive, il est aussi son ministre pour punir le mal. Il vous est donc nécessaire de lui être soumis non seulement par crainte du châtiment, mais aussi par un devoir de conscience. [...] Et vous devez voir à présent que nous ne pouvions, sans blesser nos devoirs et sans mettre en danger notre propre salut, omettre d'éclairer votre conscience d'un pas si glissant.

Cependant, des historiens croient que la révolte des Patriotes de 1837 serait un coup monté des loyalistes de Montréal, qui auraient provoqué les patriotes afin de pouvoir ensuite les combattre en toute légitimité en les accusant de trahison. En tout cas, c'est que que croyait un militant patriote d'origine irlandaise, le Dr Edmund B. O'Callaghan, qui compara la situation qui prévalait au Bas-Canada à celle de son pays d'origine:

On voulait, comme à Castlereagh en Irlande, pousser le peuple à la violence, puis abolir ses droits constitutionnels. Dans l'histoire de l'union de l'Irlande avec l'Angleterre, vous retracerez comme un miroir, le complot de 1836-37 contre la liberté canadienne.

Pour O'Callaghan, le gouvernement aurait sciemment armé des volontaires, émis des mandats de façon arbitraire afin d'exciter le peuple pour ensuite crier à la rébellion une fois le peuple affolé. Pendant la rébellion de 1837-1838, entre 200 et 300 patriotes moururent. Environ 9000 personnes avaient participé aux soulèvement au Bas-Canada et 1000 au Haut-Canada.

L'échec de la rébellion de 1837-1838 entraîna des conséquences déterminantes pour le développement de la société francophone du Bas-Canada. Profondément déçus, les Canadiens français se replièrent davantage sur eux-mêmes et se résignèrent à leur sort. Pendant plus d'un siècle, ils se retranchèrent dans la soumission, la religion, l'agriculture et le conservatisme. Au cours des quatre années suivantes, il n'y eut plus d'Assemblée au Bas-Canada, les principaux hommes politiques étant tous en exil. Le clergé catholique occupera le vide politique. Forcément, la langue française subit les conséquences de ces événements: elle se figea dans le conservatisme tout en s'imprégnant d'apports lexicaux anglais.

Dépêché d'urgence par Londres, John George Lambton (lord Durham) débarqua à Québec avec les pleins pouvoirs en ayant pour mission d'enquêter et de faire rapport sur la situation au Canada. Durham, un diplomate de carrière, était connu en Grande-Bretagne pour ses idées libérales; il était surnommé le «Radical Jack».

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